Jeudi 23 janvier 2020 à 17h
Entrée libre sur réservation ICI

KANRAXËL – LA CONFLUENCE D’AGNACK

Un documentaire unique sur la diversité linguistique et culturelle dans un cadre trop souvent donné tribal, isolé et sous-développé.

Ce café pédagogique sera présenté par Friederike Lüpke, Professeur d’Études Africaines au Département de Langues de l’Université d’Helsinki. Le travail de recherche de Friederike Lüpke se concentre sur les langues mandé et atlantique de l’Afrique de l’Ouest.
Ce documentaire exceptionnel est basé sur ses recherches et est filmé dans le village casamançais dans lequel elle travaille depuis dix ans.

Le film se déroule dans le beau et petit village d’Agnack Grand en Casamance, au Sénégal. Officiellement, le Sénégal est un pays francophone, mais cette caractérisation cache le multilinguisme qui prévaut dans la plupart des sphères de la société et qui est particulièrement fort en Casamance.  Agnack est un endroit où les rivières et les gens se rencontrent de la manière la plus étonnante – un endroit où il est parfaitement normal de parler au moins six langues. Pour la première fois de l’histoire, les habitants d’Agnack ont ​​autorisé les caméras à tourner.

Kanraxël – La confluence d’Agnack est unique parce que multilinguisme et diversité sont des concepts généralement associés à l’urbanisation moderne et à la mondialisation. Les méthodes ancestrales de gestion de la diversité culturelle et linguistique dans les sociétés dites « traditionnelles» et rurales, quant à elles, ne touchent guère l’opinion publique. Ceci est particulièrement vrai pour les sociétés africaines …

Le film décrit de façon vivante à quel point le multilinguisme est profondément ancré dans la vie quotidienne et comment le wolof et le français, langues associées à la colonisation et arrivées que récemment dans la région, sont intégrées dans une utilisation fluide des langues ; en revanche, dans le cas du français, elles créent également de nouveaux espaces monolingues. Le film invite son public à réfléchir sur ses propres répertoires et imaginaires linguistiques et à explorer des expressions linguistiques identitaires très différents des modèles européens.

Friederike Lüpke : Outre la description et la documentation de base des langues mandé et atlantique de l’Afrique de l’Ouest, ses recherches portent sur l’utilisation des langues dans les configurations multilingues dans lesquelles ces langues sont parlées. Entre 2014 et 2018 elle dirige le projet Crossroads qui porte sur le multilinguisme organique en Casamance rurale. Actuellement elle dirige une équipe développant des modèles d’éducation qui ne transforment pas le multilinguisme en un fardeau pour les locuteurs et les futurs écrivains de petites langues. Par ailleurs, elle expérimente des alphabétisations indépendantes des langues.