Henri de Toulouse-Lautrec, la Danse au Moulin Rouge, 1890, h/t, 116 X 150cm, Philadelpia Museum of Art, Philadelphie, USA.

« UNE SEMAINE, UN TABLEAU »

L´IMPRESSIONNISME, Henri de Toulouse-Lautrec, La Danse au Moulin Rouge, 1890

Peu d´artistes ont su évoquer la vie de bohème de cette fin de siècle avec autant de brio que Lautrec. L´infirmité qui le frappe à l´adolescence n´amoindrit pas une ambition bien arrêtée. Il reçoit une formation académique aux Beaux-Arts mais est plus sensible à l´exemple de Degas et des estampes japonaises, comme le montrent clairement ses affiches révolutionnaires aux grands aplats et aux lignes nettes, frôlant la caricature. À son arrivée à Paris, Lautrec se grise de la vie nocturne de Montmartre. Ses modèles favoris sont des chanteuses, des danseuses et des filles de joie, qui sont souvent ses amies tout comme la fameuse danseuse La Goulue. Cette vie trépidante ébranle ses forces et sa carrière est tragiquement raccourcie par les effets de l´alcoolisme et de la syphillis.

Toulouse-Lautrec est l´un des postimpressionnistes les plus hauts en couleur, dont la plupart des œuvres, telle la Danse au Moulin Rouge, s´inspirent des cafés bohèmes, des maisons closes et des établissements nocturnes de Montmartre, un monde douteux, côtoyant la vie et les lieux mal famés montmartrois qu´il décrit avec fidélité et sympathie, humour et perspicacité. L´homme qui sautille d´un pas léger, à gauche de la composition, est un danseur talentueux ayant pour nom de scène Valentin le Désossé. Toulouse-Lautrec se montre très novateur dans sa touche rapide, son insistance sur les silhouettes et les contours, son habileté à saisir avec spontanéité ses personnages dans leur milieu de travail. Le tableau de Lautrec était accroché derrière le bar de ce célèbre cabaret. Avec son humour noir habituel, l´artiste place un crâne grimaçant au milieu des fêtards.