Auguste Renoir, “Le Bal du Moulin de la Galette”,1876, Huile sur toile, 131 X 175 cm, musée d´Orsay Paris

L’un des peintres du XIXe siècle favori du public, Auguste Renoir, n´a pas eu le succès facile. Né dans une famille pauvre, il commence son apprentissage à l´âge de treize ans chez un décorateur de porcelaine. Il décore ensuite des stores avant d´entrer dans l´atelier de Charles Gleyre, peintre suisse établi à Paris (1806-1874), où il rencontre Monnet, Bazille et Sisley. Le style académique et perfectionné de leur maître ne leur apprend rien, mais Gleyre les incite à peindre en plein air.

À la fin des années 1860, Renoir et Monnet adoptent cette pratique et peignent souvent côte à côte. Leurs sujets et leur style seront si voisins pendant un temps qu´il est parfois difficile de différencier leurs tableaux. Le premier envoi de Renoir au Salon de 1864 rencontre un certain succès, mais les retombées économiques sont minimes. Par ironie, certaines de ses toiles les plus gaies seront peintes à une époque où doit travailler dur pour survivre. À la fin des années 1870, la chance tourne, car il rencontre à la fois des commanditaires, qui lui resteront fidèles, et le soutien d´un marchand de tableaux. Renoir abandonne peu à peu la perception sensorielle de l´impressionnisme pour un style qui met davantage l´accent sur le dessin et la composition.

Dans cette œuvre complexe, Renoir recourt à des taches de couleurs vibrantes pour rendre l´atmosphère animée d´une foule en mouvement.

Le bal du moulin de la Galette met en scène des jeunes gens profitant du bal du dimanche après-midi, dansant dans la lumière tachetée de bleu et de jaune d´une surface ressemblant à des nuages violacés. On reconnait la touche de Renoir dans les effets de lumière et d´ombres sur la robe rose de la danseuse et de son cavalier, dans les silhouettes brouillées et les formes disloquées, le tout dans une composition unifiée.

Présentée à la troisième exposition impressionniste, en 1877, la toile lui attira autant d´éloges que de critiques. Parmi les éloges, on retient ceux d’un chroniqueur qui notait qu´elle était parvenue à “saisir” à la perfection l´ambiance bruyante et plutôt bohème de cette salle de danse en plein air ». Ce tableau est considéré aujourd’hui comme un des chefs-d’œuvre des débuts de l´impressionnisme.