En septembre 1967, cinq jeunes Finlandais sont partis faire leurs études de médecine à Montpellier : Martti Hyvönen, Visa Lautamatti, Timo Vartia et sa sœur Heini Vartia, et Antti Helin. Avec trois autres étudiants affectés à l’université de Bordeaux, ils étaient les premiers étudiants à bénéficier de l’accord initié par  le doyen de l’université d’Helsinki et l’ambassadeur de France pour pallier à la pénurie de médecins en Finlande, où il n’existait que trois facultés de médecine à l’époque (contre cinq aujourd’hui). En 1969, ces jeunes étudiants ont créé Coccyx, une association amicale qui rassemble les Finlandais partis en France pour leurs études de médecine (alors au nombre de trente) et visait à promouvoir les intérêts des étudiants en médecine finlandais dans les universités françaises. Trois des fondateurs sont venus nous rencontrer à l’Institut français pour parler de leur expérience en France, à l’occasion du cinquantenaire des premiers départs d’étudiants finlandais en France.

Rien n’avait prédestiné ces courageux étudiants à choisir la France comme pays d’études, puisque peu avaient étudié le français au lycée. « Partir en France était une idée folle » nous disent-ils. Pourtant, c’est une expérience qui les a profondément marqués et dont ils parlent avec beaucoup d’émotion.

L’arrivée en France et la découverte d’un nouveau pays et de sa culture n’a pas été sans difficultés, entre les problèmes administratifs de sécurité sociale et les grèves de mai 1968, tout cela dans un environnement linguistique étranger. Pour autant, ces aléas n’ont en rien entamé l’enthousiasme des trois hommes, et tous témoignent de la richesse de cette expérience. Même s’ils avaient suivi des cours intensifs de français au Centre culturel français d’Helsinki (ancien nom de l’Institut français), ils ont établi quelques petites règles simples pour s’assurer de progresser une fois sur place : recopier les notes de cours deux ou trois fois à la main, avoir au moins un ami français, et toujours parler français entre eux. « Nous étions silencieux en français » plaisante Visa/l’un d’eux.

L’aventure été très enrichissante pour ces étudiants, qui ont pu faire carrière en Finlande grâce aux équivalences des examens dans les deux pays. De la centaine d’étudiants partis en France, plus de la moitié sont devenus médecins. Et proportionnellement, les médecins qui ont fait leurs études en France sont plus nombreux à être spécialisés ou titulaires d’une thèse de doctorat que l’ensemble des médecins finlandais. « Comme la reprise des cours était plus tardive en France qu’en Finlande, nous pouvions effectuer des stages plus longs dans les hôpitaux finlandais, ce qui nous a permis d’acquérir beaucoup plus d’expérience que les autres étudiants finlandais. »  Leurs études en France leur ont également donné un point de vue nouveau sur la médecine, en leur faisant découvrir une approche différente de celle pratiquée en Finlande.

Ce séjour a aussi été selon eux « très positif » sur le plan personnel. Ils ont gagné une vision plus large du monde, et le regardent avec plus d’humilité, comprenant que la Finlande n’est pas le centre du monde mais, en fin de compte, cela a aussi été l’occasion de réaliser à quel point ils aimaient leur propre pays.  Vivre en France leur a permis de voyager dans les pays limitrophes, et de vivre au milieu d’une communauté internationale : « Nous avons construit des amitiés vraiment durables là-bas, et rencontré des personnes avec qui nous sommes toujours en contact à ce jour. »

Est-ce qu’ils conseilleraient à de jeunes Finlandais aujourd’hui de partir faire leurs études en France ? Bien sûr, « Allez-y ! Ce n’est pas facile, mais ça vaut le coup », nous ont-ils dit, d’autant qu’aujourd’hui les choses sont plus simples, depuis que la Finlande est dans l’Union Européenne. L’un d’eux conclut : « Mes études en France se sont terminées parce que j’ai eu mon diplôme, mais je serais bien resté encore quelques années ! »

Bien que l’accord ne soit resté en vigueur que sept ans, l’association Coccyx est toujours active. Ses membres, tous alumni d’universités françaises de médicine, organisent des réunions annuelles, dont certaines ont eu lieu en France, au cours desquelles ont lieu des conférences sur des sujets scientifiques et culturels mais aussi des parties de pétanque. Ils publient chaque année le bulletin Coccyx, qui regroupe le compte rendu de la réunion annuelle et de nombreux articles, récits de voyages et réflexions, rédigés pour la plupart en français. Pour en apprendre plus sur l’association, rendez-vous sur leur site :

https://www.coccyxmed.fi/le-coccyx/

Si l’idée de faire vos études en France vous tente, visitez notre Espace Campus France :

http://www.france.fi/category/helsinki/ev-sciences-et-universites/etudier-en-france-fr/?lang=fr