10.3. à 19 h – Tamperetalo

Dans le cadre du cycle consacré à la compositrice Kaija Saariaho, son oratorio la Passion de Simone est joué à Tamperetalo par l’orchestre de chambre Avanti! et la compagnie de théâtre française la Chambre aux échos dans une mise en scène d’Aleksi Barrière.

L’œuvre d’un grand romancier et d’une des plus talentueuses compositrices orchestrales et vocales vivantes, La Passion de Simone n’a pas été écrite pour la scène. Mais elle contient tous les éléments d’un théâtre imaginaire et collectif : une femme, dont on ne sait rien sinon qu’elle est notre contemporaine, s’interroge sur le parcours de vie de Simone Weil (1909-1943) et se demande ce qu’elle peut retenir de cette « traversée lumineuse » d’une philosophe et activiste qui, sans concession, s’est efforcée de vivre l’oppression et la violence dont étaient victimes ses frères humains, pour mieux la comprendre et la combattre.

Ce monologue est hanté par la voix pensante de Simone Weil elle-même, absente/présente sous la forme d’une comédienne, par un ensemble vocal de quatre personnes qui sont « les autres » au sens large, victimes et témoins passés et présents de l’oppression humaine, et un orchestre de chambre qui accompagne ces tableaux et ces méditations comme un paysage intérieur.

Tous ces interprètes sont réunis dans un seul espace dépouillé, non pour illustrer une biographie, mais « refaire en pensée le chemin [d’une] agonie ». Nous ne sommes pas conviés à être spectateurs d’un drame, mais à participer à une prière agnostique autour de notre mémoire et de nos valeurs collectives, telles que cristallisées par l’intransigeance et la soif d’absolu d’un individu hors-norme. La musique est, en définitive, la forme la plus pure de théâtre.

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