Yann Gautron est artiste, poète, plasticien, photographe et éditeur, il vit actuellement à Brest. Ses recherches se déploient dans le champ du concept de Trans-spatialité. La Trans-spatialité se propose de faire glisser les domaines expressifs les uns dans les autres pour créer des environnements qui s’inscrivent dans des espaces particuliers.Il utilise différents supports pour construire cette pensée, dans sa pratique graphique ou de dessin, il met toujours entre lui et la création un dispositif ou processus qui lui permet de développer une forme ou image émanant pleinement de cette manière de faire. Il a commencé par dessiner avec le vent et puis l’idée lui est venue de dessiner avec la pluie et avec la chaleur. Suite à une grande période d’écriture, face à une poésie tant plasticienne que pure, il a pris la décision de renouveler continuellement ses idées face aux dispositifs de dessin, ce qui l’a amené à réaliser des résidences sur les îles de Ouessant ou Molène et dans le Golfe du Moribihan pour dessiner avec l’océan, avec des ruisseaux, avec des décantations végétales ou avec l’obscurité ou pour prendre des photographies.

JIM-D s’interesse à ces rues, ces murs, ces entrepôts qui dessinent les zones industrielles. On y trouve masses colorées, parfois très sombres, ateliers oubliés, structures abandonnées. Patchwork où cohabitent surfaces, supports, matières. Il est nécessaire de s’en emparer rapidement par le dessin et la photographie. S’emparer des signes, des traces gravées par l’activité industrielle. Se délecter du désordre, des impressions sur la matière, de la porosité de l’asphalte, la rugosité du métal. J’en ai fait une interprétation picturale : une mise en relief des détails, des énergies. Une colorisation de certains graphismes. Les images ont une fonction : une intentionnalité propre dans chaque lieu. Il devient alors une création numérique une fresque par la juxtaposition de dessins, de scans et de colorisation sur ces matières. C’est aussi un travail sur le temps : par la rugosité des matériaux, des couleurs passées. L’épaisseur, les volumes, la densité créent des filtres de lecture où la multiplicité des contenus génère un projet graphique.