Riad Sattouf, auteur de bandes dessinées mais aussi réalisateur, est l’auteur d’une œuvre multiple, dont on ne soupçonne pas toujours la diversité. C’est surtout avec sa série autobiographique L’Arabe du futur, traduite dans plus de vingt langues, dont le finnois, qu’il a conquis l’étranger, devenant un auteur phare de la BD française. Né à Paris en 1978 d’une mère française et d’un père syrien, il a passé son enfance entre la Libye, la Syrie et la France. Après ses études secondaires en Bretagne et un passage aux Beaux-Arts de Rennes, il a intégré l’École Pivaut, puis l’école des Gobelins, en animation.

Une des constantes de l’œuvre de Sattouf est l’importance qu’il accorde au regard de la jeunesse, au monde des enfants et des adolescents, à travers une variété de situations. Il a ainsi publié en 2005 Retour au collège, puis La Vie secrète des jeunes, pendant dix ans, de 2004 à 2014, dans Charlie Hebdo, narrant avec humour des anecdotes de la vie quotidienne d’adolescents. C’est également son parti pris dans sa bande dessinée autobiographique : il décrit avec simplicité la réalité quotidienne de sa famille et de la vie en Syrie, à travers le regard de l’enfant qu’il était. En contrepoint à L’Arabe du futur, Sattouf raconte dans Les Cahiers d’Esther, parus d’abord dans Le Nouvel Observateur, la vie d’une jeune fille parisienne, Esther, à travers une série de courts récits. Ce n’est pas seulement avec ses crayons, mais aussi une caméra, qu’il sait décrire le quotidien des adolescents, comme le montre son film Les Beaux Gosses, qui a obtenu le César du meilleur premier film en 2009. 

Ce n’est pas pour autant que ses œuvres sont naïves, elles posent au contraire un certain nombre de questions sociales et politiques, sans que ce soit l’objectif de l’auteur. Sattouf aborde ainsi la question des rapports entre les sexes, notamment dans sa bande dessinée primée à Angoulême en 2010, Pascal Brutal, où il met en scène un homme qui fait preuve d’ultra-virilité, ou dans son film Jacky au royaume des filles, qui décrit une dictature dans laquelle les femmes sont au pouvoir. On peut le voir aussi dans L’Arabe du futur et la description de la Syrie où le père, l’homme, est au centre de la famille et de la société, mais son ouvrage n’est pas une critique politique ou sociale, c’est avant tout la vie d’un petit garçon et sa fascination pour la figure paternelle.

L’œuvre de Riad Sattouf décrit ainsi l’intimité du quotidien, avec humour et poésie. Ses personnages sont attachants, et ses œuvres très touchantes sont accessibles à un public très large, même à ceux qui d’habitude ne lisent pas de bandes dessinées.

Riad Sattouf sera présent à l’Institut français de Finlande le 16 octobre ! Venez à la médiathèque rencontrer son œuvre !